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La
vendeuse de greffes et l'implanteur
Histoire vraie
A
la suite d’une publicité parue dans un grand quotidien,
un candidat à la greffe de cheveux, se rendit dans un centre
de correction de la calvitie, où il fut reçu par la
directrice, qui joua, à merveille, son rôle de «
vendeuse de greffes de cheveux. »
Après
les préambules habituels sur les nouvelles technologies révolutionnaires
en matière de correction de la calvitie et les résultats
spectaculaires obtenus grâce à la greffe de cheveux,
elle présenta au patient potentiel, un luxueux album montrant
des photos couleur « AVANT-APRES » de personnes ayant
déjà été implantées par l’opérateur,
que la directrice dit recommander habituellement.
Dans
ce même album, figure aussi, pour mieux souligner les commentaires
de cette VDG (Vendeuse De Greffes), deux pages illustrées,
consacrées à la greffe de cheveux, et récupérées
dans un magazine de santé grand public, célèbre
pour ses « unes » de couvertures régulièrement
consacrées à l’esthétique.
En
la circonstance, il faut saluer le professionnalisme et la puissance
de conviction de ladite directrice pour « vendre » une
greffe de cheveux.
Bien
entendu, derrière son argumentaire, le consultant ne devina
nullement une forme quelconque de philanthropie.
Ensuite,
à l’aide d’une caméra vidéo, elle
filma la tête du consultant sous tous les angles. Simultanément
une imprimante connectée à la caméra, délivra
une série de clichés, qui permit à la directrice
de poser doctement son diagnostic en indiquant, avec le sérieux
d’une comédienne professionnelle, les zones du cuir
chevelu à greffer.
Le
scénario était au point.
Ensuite, elle décrivit toutes les phases d’une séance
d’implantation capillaire, ainsi que les conditions du déroulement
de l’anesthésie et de l’intervention proprement
dite.
Après
cette mise en condition psychologique, elle procéda à
un véritable interrogatoire médical préopératoire:
antécédents familiaux, antécédents médicaux,
maladies infectieuses, interventions chirurgicales, hypertension
artérielle, problèmes cardiaques, allergie aux antibiotiques,
diabète, asthme, hémorragie, coagulation, cicatrisation,
anesthésies locales ou générales déjà
subies, prise d’antidépresseurs, tabagisme, etc.
Puis
elle remit au futur opéré, une prescription d’analyses
biologiques à faire exécuter dans un laboratoire de
ville. Ladite prescription était sans en-tête, sans
le nom du praticien, sans le nom du patient, sans date et sans signature.
Enfin,
la VDG en arriva au prix de la greffe de cheveux: 30.000F pour une
séance d’implantation de cheveux, d’une durée
de quatre heures. Mode de paiement: un acompte de 4.000F par chèque
libellé au nom de l’institut de correction de la calvitie,
et trois chèques de 11.500F, 11.000F et 3.500F, sans nom
de bénéficiaire, à remettre, en main propre,
à la directrice le jour de l’intervention, avant qu’elle
ne conduise en voiture le futur greffé capillaire à
la clinique, là où le candidat à la greffe
de cheveux, découvre, enfin, le visage du praticien qu’il
n’avait jamais rencontré auparavant.
Il
faut préciser qu’à aucun moment le candidat
à la greffe de cheveux ne se fit remettre un devis détaillé
conforme, obligatoire depuis le 1er janvier 1997.
Tout ce qui précède, est l’exacte illustration
de procédés scandaleux et inacceptables, de «
recrutement » de candidats à la greffe de cheveux:
publicité trompeuse, exercice et complicité d’exercice
illégal de la médecine, rabattage et compérage.
Bonjour l’éthique! Bonjour la déontologie! Et
vive le commerce!
Pour
couronner le tout, si l’on ose dire, la shampouineuse, employée
de cet institut de correction de la calvitie, est aussi l’aide-opératoire
de l’implanteur, compère de la vendeuse de greffes
de cheveux.
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