|
Préparation
avant greffe
Les compères passent à l’acte
Ce n’est un secret pour personne que la chasse aux
chauves ou aux préchauves est ouverte toute l’année
: commissions, backchichs, dessous-de-table, etc., aiguisent les
appétits de nombreux « intermédiaires »
qu’il faudrait plutôt désigner sous le terme
de recruteurs ou de rabatteurs de candidats à la greffe de
cheveux.
Il
y a plusieurs « méthodes » qui permettent aux
« intermédiaires » de « palper »
leurs « commissions », à l’insu et au détriment
des patients, bien entendu.
La
commission peut être comprise dans le prix global payé
par le patient au greffeur ou au centre de greffes, et qui sera
reversée au rabatteur par le greffeur ou le centre de greffes,
ou elle est « déguisée » lorsqu’elle
est obtenue à partir de prestations payées à
l’officine capillaire, sous forme de produits destinés
à « préparer » le cuir chevelu avant l’intervention
chirurgicale : shampooing à l’argile, lotions, frictions,
massages, huiles essentielles, sérum, laser, produits prétendument
antichutes, stimulants, énergisants, etc., etc.
« C’est pour assainir et assouplir le cuir chevelu avant
l’intervention » vous assurera le capillidermomachinchose.
« C’est pour désincruster les bactéries
et les microbes, etc., etc. »
En
mettre plein la vue, semble être le credo de certains compères-recruteurs
de patients.
Le
candidat à la greffe de cheveux, « pris en main »
par le capillidermomachinchose, compère-recruteur du greffeur,
croyant régler le prix d’un traitement préparatoire
préopératoire obligatoire, paiera en réalité
la fameuse commission, camouflée en « prestations capillaires.
»
Cette
mise en scène est inacceptable. C’est du bluff à
l’état pur, alors qu’un shampoing ordinaire,
vendu dans le commerce à UN €uro, utilisé le
jour de l’implantation capillaire, ferait amplement l’affaire.
Bien
entendu, le coût de revient des « prestations-cinéma
» de l’officine capillaire et des produits utilisés,
censés préparer le cuir chevelu avant l’intervention,
est insignifiant par rapport à la somme globale payée
par le futur opéré. C’est cela la commission
déguisée.
Ladite
commission, déguisée ou maquillée, représente,
en moyenne, 750 €uros.
Il
faut préciser que le capillidermomachinchose, compère-rabatteur,
prend rendez-vous pour le candidat à la greffe de cheveux,
avec le « compère-greffeur » dont il vante le
savoir-faire, en bon commercial qu’il est.
Il
n’hésitera pas à dire, pour mieux en mettre
plein la vue à son client, que ce médecin-greffeur
est super qualifié en greffes de cheveux, qu’il a opéré
plusieurs stars, etc. Qui va vérifier et le contredire ?
En
clair, le « cinéma » complet du C.R.C. (compère-rabatteur-capillaire).
Pour
illustrer ce qui précède, voici le témoignage
de l’un de nos correspondants, victime de ce C.R.C., qui «
pose » des diagnostics, alors qu’il n’est absolument
pas médecin, et qui « oriente » son client vers
le M.C.G. (médecin-compère-greffeur).
Nous
connaissions déjà cette « pratique » de
la commission déguisée, mais nous avons préféré
laisser la parole à ce correspondant, parce que présentant
le profil type du patient déstabilisé par son alopécie,
malheureusement irréversible, et facilement influençable,
donc facile à duper par certains commerciaux-capillaires
de tout poil.
Comme
vous le constaterez, sa « prise en charge » par l’officine
capillaire, en « cheville » avec un « greffeur
», n’est absolument pas le fait d’une hallucination.
Au
passage, nous rappelons que l’article 23 du Code de déontologie
médicale, qui, dans le cas présent, s’applique
au « greffeur », stipule que : « Tout compérage
entre médecins, entre médecins et pharmaciens, auxiliaires
médicaux ou toutes autres personnes physiques ou morales
est interdit. »
Témoignage
Nous
avons remplacé les noms cités, par X,
Y et Z :
X
pour l’institut capillaire, Y pour le
nom du capillidermomachinchose et Z pour le
nom du médecin-greffeur.
La
ville du correspondant est désignée par A
et celle du médecin-greffeur, par B.
A
et B sont distantes de 400 kilomètres
environ.
Les
caractères, gras, en italiques
et soulignés, sont de l’auteur du témoignage.
Place
au témoignage in extenso :
«
Voilà, je vous écris afin de vous raconter
mon vécu.
Je
souffre d’une alopécie progressive. Je perds
mes cheveux, ce phénomène m’a démoralisé
et m’a amplement freiné dans ma vie professionnelle
ainsi que dans ma vie privée.
Donc,
j’ai décidé de lutter contre cette avanie
qui pour moi est devenue une fatalité. J’ai
commencé à perdre mes cheveux à 21
ans.
(ndlr. Notre correspondant a aujourd’hui près
de 25 ans).
Après
avoir utilisé maints produits et après avoir
été victime de panneaux publicitaires, j’ai
décidé d’aller voir un institut capillaire
afin de trouver une solution.
Je
suis donc aller voir X et Y,
Capillidermomachinchose (ndlr. Ce néologisme remplace
l’appellation utilisée par le correspondant,
afin de ne pas permettre d’identifier cet institut
capillaire affilié à un réseau), spécialiste
de la prévention et de la correction de la calvitie.
Je
suis arrivé à l’institut et je suis
rentré dans la salle d’attente là oû
il y avait une grande photo d’un homme avec le slogan
« avant et après »
si vous avez vu ça la perfection, là, je me
suis dit, c’est la bonne solution pour moi. De plus,
il y avait une télé qui montrait Monsieur
Y en train d’expliquer le phénomène
de la perte de cheveux et la solution qui était la
microgreffe. Cinq minutes après, la secrétaire
me ramène un questionnaire afin qu’ils voient
comment est mon alimentation.
Ensuite,
Monsieur Y m’a reçu et m’a
examiné. Je lui ai demandé si je pouvais pratiquer
la transplantation. Il m’a dit oui que ma calvitie
était suffisamment formée. Je lui ai demandé
si ça recouvrirait ma calvitie. Il m’a dit
oui, « vous avez un gros cheveu et un bon cheveu.
»
De
plus, il m’a dit que plusieurs stars de télé
l’avaient fait chez le Docteur Z.
Il
m’a dit qu’on ne verra rien et que dans mon
cas, une séance suffirait.
Ensuite,
je lui demande le prix de la transplantation, et il me répondit
: 15 000 F. Je suis resté bouche
bée un instant, et je luis dis que j’étais
un étudiant et que ça va être dur pour
moi de trouver une telle somme.
De
plus, il me dit qu’il va programmer un traitement
en vue des réponses que j’ai apportées
au questionnaire au sujet de mon alimentation.
Donc
il fait le bordereau du traitement et me dit : « Voilà
votre traitement » et qu’il est important que
je le fasse entièrement.
Je
suis resté sidéré devant la somme qui
s’élevait à 750 €uros soit
4 919.68 F.
Je
lui dis d’enlever les choses qui me semblaient chères,
et chaque fois il me disait « Oh ça
serait dommage de ne pas prendre ce produit, et qu’il
contribuait à favoriser mon cuir chevelu. »
Moi,
démoralisé par ma calvitie, je lui ai demandé
si je pouvais payer en plusieurs fois, et il me répondit
8 ou 9 mois, je ne me rappelle plus exactement.
Les
soins intensifs étaient pratiqués par son
employée. Elle mettait une sorte d’argile et
laissait reposer quelques minutes, puis pratiquait un shampooing.
Elle mettait ma tête sous une auréole ou casque
et me laissa environ 10 à 15 minutes.
Je sentais une chaleur. Elle me mettait aussi une sorte
de pommade sur les épaules et me massait. Après
elle me donna de grosses lunettes de soleil et me plaça
face à la chaise oü se trouve l’auréole
et il y avait un laser rouge qui tournait dans toute la
salle à 360 degrés. Elle éteignit les
lumières, ferma la porte et me laissa environ 15
minutes.
Comme
j’étais pressé de me faire opérer,
je dis à Monsieur Y de téléphoner
au praticien afin de m’obtenir un rendez-vous.
Suite
à ça, j’ai reçu une ordonnance
de la part du Docteur Z, en me précisant
mon rendez-vous pour le 22 février 2002 à
14 h 00, et que je devais effectuer un bilan sanguin.
Le
19 février, j’effectue le bilan sanguin,
et le 22 au matin, je prends ma voiture et me rends
à B, car c’est là-bas qu’a
lieu la transplantation. Je précise que ni Monsieur
Y, ni le Docteur Z, ne
m’ont précisé le moyen de transport
le plus sûr.
Bref,
je suis à B à 10 h 00. Je prends
un café et attends impatiemment l’heure fatidique.
14
h 00 enfin. Je vois un monsieur rentrer dans le
cabinet. Je prends un grand souffle, et j’y vais.
Le
Docteur Z me reçoit, me donne 1
comprimé ou 2, pendant que je suis dans
la salle d’attente. Il se prépare et me fait
rentrer dans son bureau. Là, il me dit si j’avais
des questions à lui poser. Moi, je luis dis : «
Est-ce que vous avez opéré des jeunes
comme moi ? » Et il m’a dit oui. Je
lui ai demandé si la transplantation allait tout
recouvrir ? Il m’a dit non, juste devant.
Il
examine mon bilan sanguin et me demande comment je vais
le régler. Je lui répondis : « Par carte
bancaire », et là, il me dit que ce
n’était pas possible et qu’il n’acceptait
que le liquide ou un chèque. Moi,
je ne possède pas de chéquier et je n’ai
pas pris de liquide. Je luis dis : « Faites-moi confiance,
je vous laisse ma carte d’identité et vous
me l’enverrez plus tard. Il m’a dit qu’il
ne pouvait pas. Il prend son téléphone et
appelle Monsieur Y en lui expliquant le
cas et en lui disant et en lui reprochant de ne pas m’avoir
averti sur le mode de paiement.
Après
une question de Monsieur Y, le Docteur
Z dit : « Mais quelle banque
va l’autoriser à retirer 15.000F ?
» Il raccrocha et il me dit : « En plus,
je ne suis plus sûr du bilan sanguin et il faudra
en faire un autre plus approfondi. »
Moi,
déçu d’avoir parcouru 4 heures
de route pour rien, et le Docteur Z
me dit : « La prochaine fois, je vous déduis
1.000 F des 15.000 F, pour les frais de route.
»
Donc,
je suis reparti, déçu et énervé
sur la route. Je commençai à être
fatigué sans comprendre pourquoi. J’avais
les yeux lourds et un mal de cou. Je fermais les yeux sans
pour autant m’en apercevoir. Un moment, mes yeux se
sont fermés. Je me suis assoupi pendant que
je doublai une voiture : j’allais directement sur
la barrière de sécurité de l’autoroute.
Heureusement, une voiture qui était derrière
moi, m’a klaxonné, et là, j’ai
eu la peur de ma vie ; j’ai failli avoir un accident
et j’y aurais laissé ma vie.
J’avais
le deuxième rendez-vous le 28 février
2002 à 9 heures, avec le Docteur Z
à B. J’avais fait le deuxième
bilan sanguin, et le laboratoire l’a envoyé
par fax au Docteur Z qui me l’avait
demandé.
Cette
fois-ci, pour me rendre à B, j’ai
pris le train, car avec ce que j’avais vécu,
j’avais peur de prendre ma voiture.
Pendant
la transplantation, ils étaient 2 :
Le Docteur Z et une femme. Ils ont mis un film.
La transplantation a duré environ 3 heures.
A la fin, il m’a donné des calmants pour calmer
la douleur de la cicatrice.
Le
lendemain, je me suis rendu à l’institut X,
comme il le prévoyait, et ils m’ont fait un
shampooing.
Je
ne me rappelle plus quand la femme de l’institut capillaire
m’a enlevé les points de la cicatrice, et elle
m’a mis un truc jaune sur la cicatrice.
Aujourd’hui,
je me rends compte que ce n’est pas ce que je voulais.
On peut dire que j’ai été trahi.
Il
faudrait que je refasse une ou deux transplantations de
plus, et en plus, ma calvitie progresse.
Il
y a deux ans, je portais la casquette, et, aujourd’hui,
je la porte toujours.
Je
suis toujours au même point. » |
Eh
bien, bravo ! Monsieur Y , Capillidermomachinchose, et Bravo ! Docteur
Z, pour avoir « exploité » le désespoir
et la souffrance de cet étudiant, si vulnérable et
déstabilisé par son alopécie.
Bravo
! à l’employée qui enlève les points
de suture dans l’institut capillaire.
Décidément,
dans le domaine des greffes de cheveux, on n’a pas encore
tout vu.
Vive
le commerce ! Adieu l’éthique !
De nombreux
internautes vont découvrir ce témoignage émouvant
d’authenticité.
Voici
une démonstration lumineuse de compérage entre un
commercial-capillaire et un « médecin-greffeur »
dénué de compassion et de probité.
Comme vous venez de le lire, notre correspondant a failli avoir
un accident sur l’autoroute, car le Docteur Z, lui avait administré
une benzodiazépine, anxiolytique, qui entraîne une
somnolence - un médecin, autrement plus digne que Z, nous
a précisé que c’était une prémédication
administrée avant la séance de greffes de cheveux
-, et l’a laissé repartir, sans l’avoir opéré…et
sans aucun état d’âme.
Sans
le bon réflexe d’un automobiliste, notre correspondant
n’aurait peut-être pas été là pour
nous apporter son témoignage...
Qu’il
en soit remercié.
Précision : Les documents en notre possession, en
sus du témoignage, et qui émanent de l’institut
capillaire X, montrent et démontrent,
s’il en était besoin, l’abus de confiance,
dans toute l’acception du terme, dont a été
victime notre correspondant.
Tôt ou tard, Y, le capillidermomachinchose
et le docteur Z se reconnaîtront dans
ce témoignage, et nous les mettons au défi de saisir
la justice pour diffamation ou dénonciation calomnieuse.
Ce sera alors l’occasion pour les magistrats de découvrir
les scandaleuses pratiques de ces instituts capillaires, payés
à la commission directe ou indirecte, en « rabattant
» des patients pour un médecin-greffeur, et ce, au
préjudice de personnes vulnérables, parce que désespérées.
Là,
le rapport de force serait différent.
Nous
prenons le pari qu’ils n’en feront rien, trop heureux
(trop peureux ?) de continuer leur infâme business.
|